Introduction courte à la naissance de la famille des claviers. Le clavecin apparaît au XIVe siècle quand le psaltérion reçoit un clavier. Cette transformation mécanique change le jeu et le son.
Les confusions historiques sont fréquentes. Dans les textes anciens, l’épinette et le virginal se mêlent au nom du clavecin. Pourtant, leurs plans et leurs cordages diffèrent.
Le clavicorde, lui, ne fait pas partie de la même famille. Sa mécanique frappe la corde et produit un timbre plus intime. Comprendre ces distinctions aide à apprécier la musique ancienne.
Ce guide propose d’explorer ces différences historiques et techniques. Pour un développement plus complet, voyez une présentation détaillée sur les définitions et explications.
Aux origines des instruments à cordes pincées
La métamorphose du psaltérion en clavier marque le départ d’une famille d’instruments à cordes pincées. Dès le XIVe siècle, des artisans italiens adaptent le petit cymbalum en ajoutant un clavier. Le résultat, appelé clavicymbalum, est la première étape vers le clavecin.
Les facteurs ont vite perfectionné la mécanique : des cordes pincées remplacent les frappes, et le clavier devient central au jeu. Au fil des siècles, cet instrument s’impose dans la musique de chambre et l’accompagnement vocal.
- Ancêtre : le psaltérion, aux cordes pincées ou frappées, à l’origine du son.
- Transition : XIVe siècle, naissance des premiers clavicymbalum en Italie.
- Apogée : diffusion large dès la fin du XVe siècle, sommet aux XVIIe–XVIIIe siècles.
Contrairement au piano moderne, la mécanique à sautereaux détermine la couleur de chaque clavecin. Les deux appareils partagent une lignée commune qui influence la facture jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Pour une présentation détaillée, voyez cette ressource spécialisée.
Petit clavecin : épinette, virginal ou autre instrument ?
Les petites formes à cordes pincées montrent des choix de facture très distincts selon les régions.
L’épinette italienne adopte un plan à 10 degrés, la française présente un angle proche de 25 degrés. Ce détail d’angle influe sur l’attaque et la résonance des cordes.
En France, le nom épinette servait souvent à désigner le clavecin jusqu’au XVIIIe siècle. Cette pratique complique l’identification des modèles à notre époque.
- Forme de la caisse : pentagonale en Italie, en aile en France et Angleterre.
- Plectre en pointe : d’où provient le nom, souvent confondu dans les textes anciens.
- Disposition des cordes : propre à chaque modèle, elle modifie la richesse harmonique de la table.
| Région | Angle des cordes | Forme | Usage du nom |
|---|---|---|---|
| 10° | pentagonale | épinette courant | |
| France | 25° | aile | nom interchangeable |
| Angleterre | varie, essor dès 1630 | aile d’oiseau | usage répandu |
Conclusion : la géométrie et la caisse restent les points clefs pour distinguer ces familles. Les facteurs et historiens continuent d’étudier ces variations.
Le clavecin, roi de la famille
Parmi les claviers anciens, cet instrument tient une place centrale grâce à sa mécanique singulière.
Le mécanisme du sautereau
Le sautereau actionne un petit bec qui pince la corde au moment où la touche est enfoncée. La corde vibre librement puis est étouffée lorsque la touche remonte. Ce geste court crée un son incisif et riche, très différent de celui du piano où la corde est frappée.
La maison Ruckers, à Anvers au XVIIe siècle, a perfectionné cette facture. Leurs clavecins ont servi de référence pendant des siècles et ont profondément influencé la musique de salon et la composition.

Certains modèles disposent de deux ou trois claviers. Cette configuration multiplie les possibilités de timbre et de jeux. On peut aussi trouver des registres imitant le luth ou le basson, élargissant la palette sonore par rapport au psaltérion ou à l’orgue.
- Sautereau : pince avec précision pour un son clair.
- Touches : la dynamique ne varie pas par la force du geste, ce qui impose une technique spécifique.
- Claviers multiples : deux ou trois claviers pour varier les sons et les registres.
L’épinette et ses variantes de forme
Les formes de l’épinette révèlent des solutions de facture très diverses selon les ateliers européens.
L’épinette italienne se caractérise par une caisse souvent pentagonale et deux chevalets vibrants. Cette disposition crée une résonance articulée et un timbre clair. Sa caisse légère facilite le transport et l’usage domestique.
L’épinette italienne
Le choix de deux chevalets modifie la transmission des cordes vers la table. Les facteurs privilégient le bois d’épicéa pour la table d’harmonie. Résultat : une sonorité plus brillante et des harmoniques riches.
L’épinette française
La version française, dite en aile d’oiseau, présente un plan plus ramassé et un seul chevalet. L’angle proche de 25° rapproche la disposition des cordes de celle du clavecin traditionnel. Les restaurateurs respectent ces techniques anciennes pour préserver la facture authentique.
« Le chevalet reste l’élément clef pour transmettre la vibration de la corde à la caisse. »
Pour en savoir plus sur les formes historiques, consultez la notice dédiée sur l’épinette.
Le virginal et ses spécificités mécaniques
Le coffret rectangulaire appelé virginal cache une mécanique qui change la relation entre le clavier et les cordes. Le clavier se trouve à l’intérieur de la caisse, les cordes restent parallèles au jeu.

La facture exige précision : le choix du bois, la disposition des sautereaux et la qualité de la table d’harmonie déterminent la clarté des notes. La petite étendue du clavier favorise une expressivité adaptée à la musique domestique du XVIIe siècle.
Muselaar
Le muselaar est une variante flamande. Son clavier décentré modifie la résonance et donne un timbre plus acide, apprécié pour certains répertoires.
Ottavino
L’ottavino est une version réduite. Il sonne à l’octave supérieure et apporte une brillance rare. On l’utilisait pour effets et dialogues avec d’autres clavecins.
- Forme : caisse rectangulaire, cordes parallèles.
- Usage : mobilier et apprentissage, souvent nommé selon le facteur ou le lieu.
| Type | Clavier | Caractéristique sonore |
|---|---|---|
| Standard | central, intérieur | son clair, notes stables |
| Muselaar | décentré | timbre acide, résonance modifiée |
| Ottavino | réduit | octave supérieure, brillance |
Formes rares et instruments hybrides
Au XVIIe siècle, les ateliers multiplient les essais pour gagner en timbre et en place. Certaines créations rassemblent deux sources sonores dans une même caisse.

Le clavicythérium est un clavecin vertical. Il conserve le mécanisme à sautereaux tout en libérant l’espace au sol. Sa forme verticale change l’esthétique sans altérer le principe des cordes pincées.
Le luth-clavecin
Ce modèle rare emploie des cordes en boyaux pour reproduire la chaleur du luth. Les facteurs cherchent ici à marier la précision du clavier avec un timbre plus poétique.
Le claviorganum
Le claviorganum associe un orgue positif et un clavier à plectres. Deux systèmes coexistent dans une caisse unique, offrant une palette sonore adaptée au continuo.
« Ces hybrides révèlent l’ingéniosité des facteurs qui, dès le XVIIe siècle, repoussaient les limites de la facture. »
- Clavicythérium : gain d’espace, même mécanique de cordes.
- Luth-clavecin : boyaux pour un son chaud, proche du luth.
- Claviorganum : deux instruments en un pour varier les timbres.
Pour des précisions techniques et historiques, voyez les définitions et explications.
Le clavicorde, un cousin à cordes frappées
Dans la famille des claviers, le clavicorde se distingue par sa mécanique de tangentes métalliques qui frappent directement la corde. Ce geste confère à cet instrument une réactivité et une expressivité remarquables.

Hérité du monocorde de Pythagore, le clavicorde est souvent présenté comme un ancêtre direct du piano. La touche agit sans médiation : la tangente touche la corde, puis la retire, produisant un son discret mais riche en nuances.
Contrairement au clavecin, il permet un vrai vibrato. Le joueur incline la touche latéralement pendant que la tangente maintien le contact. Cette technique modifie la hauteur et colore la note.
- Proximité doigt‑corde : contrôle fin de l’attaque et du sustain.
- Caisse et bois : la table d’harmonie et le chevalet modulent la résonance.
- Rôle historique : pont entre le monocorde ancien et le piano moderne.
« Le clavicorde offre une intimité sonore que peu d’autres claviers égalent. »
Les subtilités du jeu et de la technique
L’usage réfléchi de l’octave courte répondait à un besoin pratique de profondeur sonore. Il permet d’obtenir des basses essentielles sans allonger la étendue du clavier.
La technique exige un lien fin entre attaque et relâchement. Le lié‑détaché devient la clé pour faire chanter les cordes, car il n’existe pas de pédale de résonance comme au piano.
L’usage de l’octave courte
Avantage : les compositeurs accédaient à des basses profondes malgré une faible étendue. Selon les ateliers et le siècle, cette solution variait selon le répertoire.
- Articulation : les accords sont souvent arpégés pour adoucir le son des cordes.
- Sautereau : chaque pincement dépend de la touche ; la durée du son se contrôle au doigt.
- Épinette : exige une attaque précise pour éviter de bloquer les sautereaux lors des passages rapides.
La table d’harmonie réagit aux vibrations et colore les sons. Dans certains cas, l’octave courte était adaptée régionalement, témoignant de pratiques variées.
Pour une contextualisation plus large sur l’histoire du clavecin, voyez la histoire du clavecin.
Conclusion
Pour finir, la palette sonore des claviers anciens demeure une source d’inspiration vivante.
En résumé, le clavecin, l’épinette et le virginal forment une famille riche en formes et en styles. Leur histoire éclaire la pratique et la facture du XVIIIe siècle.
Même si le piano a supplanté ces modèles pendant un temps, les clavecins et le clavicorde retrouvent aujourd’hui leur place dans la musique de chambre. Les facteurs modernes reprennent les méthodes anciennes pour restaurer et reconstruire ces pièces rares.
La redécouverte par des musiciens passionnés garantit la survie de ce patrimoine. Pour une perspective historique, voyez la histoire du clavecin.

